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La Campagne de Corsy
La campagne appelée Corsy (parc
Chaplin), comprenant la maison communale actuelle, s'étend
sur la moitié occidentale de la terrasse occupée
à l'est par le Châtelard. A partir du XVIII
siècle, Corsy appartient successivement au banquier
Aimé Grenier, frère de l'assesseur baillival de
Vevey, à François-Louis de Tavel, bailli de
Vevey, et enfin à la famille Couvreu, qui possède
dès lors les deux domaines contigus. D'après la
date inscrite sur le linteau d'une porte ouvrant dans la
dépendance vigneronne, c'est vers 1655 que l'on construit
cet ensemble de trois bâtiments - maison de maître,
dépendances rurales et vigneronnes. La maison de
maître subit une restauration complète,
terminée en 1838, à laquelle a pu participer
l'important architecte veveysan Franel, sans doute Philippe,
(mentionné en 1840 et en 1843 à propos de travaux
à l'église de Corsier) mais elle semble avoir
été transformée une nouvelle fois au
cours de la seconde moitié du XIXe siècle,
peut-être vers 1897, alors que les Couvreu
aménagent sa face méridionale en construisant la
terrasse à la balustrade néo-classique et le
pavillon.
La maison de maître, de
plan rectangulaire, est coiffée d'un toit à
croupes supportant une série de lucarnes. Les deux
étages de l'habitation, au-dessus des caves,
présentent au nord et au sud quatre baies rectangulaires par
étage, dont celle du centre plus rapprochée
constitue un semblant d'avant-corps. Les lignes horizontales sont bien
marquées d'abord par un cordon mouluré au centre
d'un large bandeau parcourant trois façades sur quatre, mais
aussi par la corniche ornée de modillons couronnant chaque
face. Le bandeau et la corniche fragmentent les deux étages
en ne s'interrompant pas sur les chaînes d'angle en harpe qui
soulignent verticalement les façades. On accède
à la porte d'entrée orientale par un perron et
une volée droite évasée à
sa naissance. A l'ouest subsiste la porte en plein cintre
chanfreinée ouvrant sur les caves, datant
peut-être de 1655. Les dépendances conservent,
elles aussi, quelques percements anciens : la porte datée de
1655 et les deux baies qui la flanquent, la porte de grange et des
ouvertures en meurtrières. L'aménagement
intérieur de la maison de maître, très
symétrique, montre des pièces
réparties de part et d'autre, d'un corridor longitudinal.
Notons aussi un devant de buffet datant de 1658, et un poêle
de catelles peintes, probablement des années 1770. Cette
maison de maître revêt un
intérêt certain dans l'architecture
régionale du XIXe siècle, malgré que
sa date exacte soit encore mal connue, d'autant plus si
l'hypothèse de la participation de l'architecte Philippe
Franel aux travaux de 1838 est juste.
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